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Les études supérieures après un bac avec un trouble DYS

Obtenir le baccalauréat est une étape importante. Pour un jeune présentant un trouble DYS, cette réussite est souvent le résultat de plusieurs années d’efforts, d’aménagements et de stratégies de compensation.

Après le bac, une nouvelle question apparaît : est-il possible de poursuivre des études supérieures avec un trouble DYS dans de bonnes conditions lorsque l’on est dyslexique, dysorthographique, dyspraxique ou dyscalculique ?

La réponse est oui.

Un trouble DYS n’empêche pas de réussir à l’université, en BTS, en BUT, en classe préparatoire, dans une école spécialisée ou dans une formation en alternance. Mais le passage du lycée à l’enseignement supérieur demande de l’anticipation.

Les aménagements ne se poursuivent pas toujours automatiquement. Les interlocuteurs changent. L’étudiant doit aussi devenir progressivement acteur de ses propres démarches.

Bien préparer cette transition permet d’éviter de découvrir les difficultés une fois les cours commencés.

Un trouble DYS ne doit pas décider de l’orientation

Le choix d’une formation doit d’abord reposer sur les intérêts, les compétences et le projet professionnel du jeune.

Une personne dyslexique peut suivre des études littéraires. Une personne dyspraxique peut s’orienter vers une formation scientifique. Une personne dyscalculique peut travailler dans un domaine qui comporte des données chiffrées, à condition de disposer des outils adaptés.

Il n’existe pas de liste officielle de formations adaptées aux DYS ni de métiers automatiquement déconseillés.

En revanche, il est utile d’examiner les exigences concrètes de chaque cursus. Certaines formations demandent beaucoup de lecture, de rédaction ou de prise de notes. D’autres reposent davantage sur les travaux pratiques, les projets collectifs, les présentations orales ou les stages.

L’objectif n’est pas d’écarter une formation exigeante. Il est de savoir précisément à quoi s’attendre et de vérifier que des solutions pourront être mises en place.

Regarder au-delà du nom de la formation

Deux cursus portant un nom proche peuvent fonctionner de manière très différente.

Une licence universitaire comporte souvent des cours en amphithéâtre, un travail personnel important et une autonomie plus grande qu’au lycée. Un BTS conserve généralement un cadre plus proche du secondaire, avec des classes moins nombreuses et un emploi du temps structuré. Un BUT combine cours, travaux dirigés, projets et périodes en entreprise. Une classe préparatoire impose un rythme soutenu et une quantité de travail importante.

Ces différences peuvent avoir un impact direct sur un étudiant présentant un trouble des apprentissages.

Avant de faire un choix, il est utile de se renseigner sur :

  • la quantité de cours à lire ;
  • la place de la prise de notes ;
  • les types d’évaluation ;
  • le nombre d’heures de présence ;
  • l’importance du contrôle continu ;
  • les modalités de stage ;
  • la possibilité d’obtenir les supports de cours ;
  • les outils numériques autorisés ;
  • les dispositifs d’accompagnement déjà présents dans l’établissement.

Les fiches des formations disponibles sur Parcoursup comportent les coordonnées d’un référent handicap. Certaines précisent également les dispositifs d’accueil et d’accompagnement proposés par l’établissement.

Il est possible de contacter ce référent avant même de confirmer ses vœux pour poser des questions concrètes sur la formation.

Faut-il parler de son trouble DYS sur Parcoursup ?

Le candidat n’est pas obligé de communiquer son diagnostic médical aux formations.

Parcoursup propose toutefois une fiche de liaison handicap. Malgré son nom, cette fiche peut concerner les candidats présentant un trouble de santé invalidant ou bénéficiant déjà d’un PAP, d’un PAI, d’un PPS ou d’autres adaptations pédagogiques.

Cette fiche permet d’indiquer les aménagements utilisés au lycée et les besoins envisagés pour la rentrée suivante. Elle est facultative.

Lors de l’examen des candidatures, elle n’est pas transmise aux formations. Elle ne peut donc pas être utilisée pour sélectionner ou refuser un candidat.

Après l’acceptation définitive d’une proposition, le candidat peut demander que la fiche soit envoyée au référent handicap de son futur établissement afin de préparer son arrivée.

Le dossier Parcoursup contient aussi une rubrique permettant d’expliquer certains éléments du parcours scolaire. Elle peut être utile lorsqu’un trouble, des soins ou des absences ont eu un effet visible sur les résultats.

Il n’est pas nécessaire d’y communiquer des informations médicales confidentielles.

Le PAP du lycée continue-t-il dans le supérieur ?

Non, le PAP, ou plan d’accompagnement personnalisé, est un dispositif propre à l’enseignement scolaire.

Il ne se poursuit donc pas automatiquement à l’université, en école ou dans une autre formation supérieure. Cela ne signifie pas que l’étudiant perd ses droits aux aménagements.

Dans l’enseignement supérieur, un nouveau dispositif peut être établi : le plan d’accompagnement de l’étudiant en situation de handicap, souvent appelé PAEH. Son nom exact peut varier selon les établissements.

Le PAEH permet de formaliser les adaptations nécessaires pendant les cours, les examens, les stages ou les autres activités de la vie étudiante.

Un étudiant ayant bénéficié d’un PAP, d’un PAI ou d’un PPS au lycée peut demander ce plan dans le supérieur. Il n’est pas obligatoire de posséder un dossier auprès de la MDPH pour en bénéficier.

C’est un point essentiel pour les jeunes présentant un trouble DYS sans reconnaissance MDPH. L’absence de PPS ou de décision de la CDAPH n’empêche pas de demander des aménagements.

Qui contacter dans l’établissement ?

Le premier interlocuteur est la mission handicap ou le référent handicap de l’établissement.

Ce service aide l’étudiant à décrire les difficultés qu’il rencontre dans sa formation. Il ne se contente pas de regarder le nom du diagnostic.

Il évalue les conséquences concrètes du trouble : lenteur de lecture, difficultés de prise de notes, fatigue, écriture manuscrite coûteuse, problèmes d’organisation ou besoin d’un logiciel spécifique.

La mission handicap travaille avec le service de santé étudiante, l’équipe pédagogique et les services administratifs. Elle coordonne ensuite la mise en place des aménagements accordés.

Il est conseillé de prendre contact avant la rentrée ou dès l’inscription administrative. Attendre les premières évaluations peut entraîner plusieurs semaines sans adaptation.

Le jeune peut préparer cet échange en apportant les documents utiles : notification des aménagements du bac, ancien PAP ou PPS, bilan orthophonique, bilan ergothérapique, compte rendu médical et liste des outils utilisés au lycée.

Tous les documents ne seront pas nécessairement demandés. Mais ils peuvent aider à expliquer le parcours et à montrer quelles adaptations ont déjà été efficaces.

Quels aménagements sont possibles pendant les cours ?

Les adaptations dépendent des besoins de l’étudiant, de la formation et des possibilités de l’établissement. Elles ne sont pas identiques pour toutes les personnes DYS.

Le PAEH peut prévoir des aménagements organisationnels, pédagogiques, matériels ou humains. Il peut notamment inclure une adaptation de l’emploi du temps, un accès aux supports de cours, un tutorat, une aide à la prise de notes, un prêt de matériel ou une adaptation des périodes de stage.

Pour un étudiant dyslexique ou dysorthographique, les adaptations peuvent par exemple concerner :

  • la transmission des cours sous forme numérique ;
  • l’utilisation d’un ordinateur ;
  • l’accès à une synthèse vocale ;
  • l’enregistrement de certains cours lorsque cela est autorisé ;
  • une aide à la prise de notes ;
  • des documents plus accessibles ;
  • un tutorat méthodologique ;
  • un aménagement du rythme de formation.

Pour un étudiant dyspraxique ou dysgraphique, l’utilisation d’un ordinateur, d’un mobilier adapté ou d’une aide humaine peut réduire le coût de l’écriture et de l’organisation matérielle.

Ces exemples ne constituent pas une liste automatique. L’étudiant doit expliquer ce qui lui est réellement utile.

Les aménagements des examens après le bac

Les examens universitaires peuvent également être aménagés.

Pour bénéficier d’une adaptation officielle des épreuves, l’étudiant doit contacter la mission handicap ou le référent de son établissement. Il est ensuite orienté vers le service de santé étudiante ou vers un médecin agréé.

L’avis médical est obligatoire pour les aménagements d’examen dans le supérieur. Le médecin propose des mesures, mais la décision finale appartient à l’établissement ou à l’organisateur de l’examen.

Les adaptations accordées sont ensuite notifiées par écrit.

Selon les besoins, les aménagements peuvent comprendre :

  • du temps supplémentaire ;
  • des pauses ;
  • une salle avec moins de candidats ;
  • l’utilisation d’un ordinateur ou d’une tablette ;
  • l’utilisation de logiciels autorisés ;
  • un secrétaire d’examen ;
  • une lecture ou une reformulation des consignes ;
  • une adaptation de certaines modalités d’évaluation.

La décision précise quels outils peuvent être utilisés.

Un correcteur orthographique, une synthèse vocale ou un autre logiciel ne sont pas automatiquement autorisés parce qu’ils sont utilisés pendant les cours. Ils doivent être mentionnés dans la notification d’aménagement.

Les aménagements peuvent être accordés pour une année ou pour l’ensemble d’un cycle d’études. Ils peuvent aussi être révisés si les besoins évoluent.

Les aménagements du bac sont-ils conservés ?

Les adaptations utilisées au baccalauréat peuvent faciliter la continuité vers le supérieur.

Lorsque la situation de l’étudiant n’a pas évolué, certains aménagements peuvent être reconduits.

Les règles actuelles permettent aussi la continuité des aménagements du bac pour les concours post-bac, sauf lorsque le candidat demande leur modification, y renonce ou lorsque le règlement du concours ne permet pas de les appliquer entièrement.

Cette continuité ne dispense pas toujours de démarches.

L’étudiant doit vérifier les règles de son établissement et respecter les dates de demande. Il ne faut pas supposer que le tiers temps ou l’utilisation d’un ordinateur apparaîtront automatiquement sur la convocation.

La notification du rectorat concernant le bac doit être conservée. Elle peut être demandée lors de l’inscription à un concours ou lors de la constitution du dossier d’aménagement dans le supérieur.

Le cas particulier du BTS et de la classe préparatoire

Les étudiants inscrits en BTS, en CPGE, en DN MADE ou dans une autre formation supérieure organisée au sein d’un lycée se trouvent dans une situation particulière.

Le PPS peut continuer dans ces formations lorsque l’étudiant possède un dossier MDPH et que les conditions sont réunies. En revanche, le PAP ne se prolonge pas.

Il peut être remplacé par un PAEH après une nouvelle évaluation des besoins.

Pour les examens finaux de BTS ou certains concours, la procédure peut également dépendre de l’existence ou non d’un PPS.

Une procédure simplifiée est prévue pour les étudiants bénéficiant d’un PPS, tandis qu’une procédure complète s’applique généralement en son absence.

Il est donc important de se renseigner auprès du référent handicap, du professeur principal ou du service des examens dès le début de l’année.

L’autonomie : le grand changement après le lycée

Au lycée, les parents, les enseignants et les professionnels ont souvent pris en charge une partie des démarches.

Dans le supérieur, l’étudiant doit davantage agir lui-même.

La mission handicap ne peut pas toujours intervenir si le jeune ne la contacte pas. Les enseignants ne savent pas nécessairement qu’un aménagement a été accordé. Une difficulté non signalée peut donc rester sans solution.

Cette autonomie s’apprend progressivement.

Avant la rentrée, le futur étudiant peut s’entraîner à :

  • expliquer son trouble avec des mots simples ;
  • décrire ses difficultés sans réciter tout son diagnostic ;
  • présenter les outils qu’il utilise ;
  • demander un rendez-vous ;
  • écrire un courriel à un enseignant ;
  • vérifier qu’une décision a bien été transmise ;
  • signaler rapidement un aménagement non appliqué.

Les parents peuvent encore aider à préparer les documents ou les rendez-vous. Mais il est utile que le jeune prenne progressivement la parole.

Cette capacité à exprimer ses besoins sera également précieuse pendant les stages, l’alternance et la future vie professionnelle.

Les outils numériques deviennent encore plus importants

Dans le supérieur, la quantité de documents augmente rapidement.

Un étudiant peut recevoir des diaporamas, des articles scientifiques, des textes juridiques, des polycopiés, des consignes de projet et des bibliographies importantes.

Les outils numériques pour étudiants DYS peuvent faciliter l’accès à ces contenus.

La synthèse vocale permet d’écouter un texte. L’OCR rend lisible un document numérisé. La dictée vocale aide à produire un premier brouillon. Les logiciels de prise de notes permettent d’organiser les cours. Les correcteurs accompagnent la relecture.

Ces outils doivent toutefois être maîtrisés avant la rentrée.

Installer un logiciel ne suffit pas. L’étudiant doit savoir importer un document, choisir une voix, ajuster la vitesse de lecture, organiser ses fichiers et retrouver rapidement ses notes.

L’été qui suit le bac peut être utilisé pour tester les outils, créer une méthode de classement et vérifier que l’ordinateur est suffisamment fiable pour une utilisation quotidienne.

Attention à la charge de travail invisible

Un étudiant DYS peut sembler suivre correctement les cours tout en travaillant beaucoup plus longtemps que ses camarades.

Il peut passer plusieurs heures à relire un document, corriger un devoir ou reprendre des notes incomplètes. Cette charge invisible augmente le risque de fatigue et de découragement.

Il est donc important de construire un rythme réaliste dès les premières semaines.

Travailler régulièrement est souvent plus efficace que d’attendre les examens. Les tâches longues peuvent être découpées. La lecture peut être alternée avec l’écoute. Les échéances doivent être notées dans un seul outil fiable.

L’étudiant ne doit pas attendre d’être complètement dépassé pour demander de l’aide.

Un rendez-vous avec le référent handicap, un tuteur, le service d’orientation ou le service de santé étudiante peut permettre d’ajuster les solutions.

Le régime spécial d’études peut aussi prévoir, selon les établissements et les situations, une adaptation de l’emploi du temps, de la durée du cursus, des ressources pédagogiques ou de l’accompagnement.

Et pour les stages ou l’alternance ?

De nombreuses formations comprennent un stage ou une période en entreprise.

Le trouble DYS peut alors avoir des conséquences différentes de celles rencontrées en cours.

Les difficultés peuvent concerner la lecture de procédures, la rédaction de comptes rendus, l’utilisation de certains logiciels, l’organisation des tâches ou la gestion de plusieurs consignes.

L’établissement peut accompagner l’étudiant dans sa recherche de stage et dans la préparation de cette période.

Des adaptations du poste, de l’organisation ou des outils peuvent aussi être envisagées dans l’entreprise.

La RQTH peut devenir utile pour accéder à certains dispositifs professionnels, mais elle n’est pas nécessaire pour demander les aménagements pédagogiques du cursus.

Il est préférable d’anticiper cette question avec le référent handicap plutôt que d’attendre le premier jour du stage.

Que préparer avant la rentrée ?

Une bonne préparation ne consiste pas à prévoir toutes les difficultés possibles.

Elle permet simplement de ne pas repartir de zéro.

Avant la rentrée, le futur étudiant peut :

  • conserver les notifications d’aménagement du bac ;
  • réunir ses bilans récents ;
  • télécharger sa fiche de liaison Parcoursup ;
  • trouver les coordonnées du référent handicap ;
  • demander un premier rendez-vous ;
  • vérifier la procédure médicale ;
  • préparer son ordinateur et ses logiciels ;
  • réfléchir aux adaptations réellement utiles ;
  • se renseigner sur le fonctionnement de la formation.

Il est également utile de prévoir une solution de secours.

Que faire si l’ordinateur tombe en panne ? Où retrouver les cours ? Comment sauvegarder les fichiers ? Qui contacter en cas de problème lors d’un examen ?

Ces précautions réduisent le stress et facilitent l’autonomie.

Ce qu’il faut retenir

Poursuivre des études supérieures avec un trouble DYS est tout à fait possible.

Le diagnostic ne doit pas limiter automatiquement le choix d’orientation. En revanche, le jeune doit se renseigner sur les exigences concrètes de la formation et sur les dispositifs proposés par l’établissement.

La fiche de liaison Parcoursup peut aider à préparer la rentrée. Elle est facultative et n’est pas utilisée pour sélectionner les candidats.

Le PAP du lycée ne se poursuit pas dans l’enseignement supérieur. Il peut être remplacé par un PAEH, y compris lorsque l’étudiant ne possède pas de dossier MDPH.

Les aménagements pour étudiants DYS peuvent concerner les cours, les examens, l’organisation du cursus, les outils numériques, les stages et la vie étudiante. Ils doivent être demandés auprès de la mission ou du référent handicap.

Le principal conseil est simple : anticiper.

Contacter l’établissement tôt, conserver les documents et apprendre à expliquer ses besoins permet de commencer les études dans de meilleures conditions.

Un étudiant DYS n’a pas besoin que l’on réduise ses ambitions.

Il a besoin de pouvoir accéder aux apprentissages sans consacrer toute son énergie à contourner des obstacles qui peuvent être compensés.

Sources

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